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Stay at Home - Garde-malade à domicile

Quel toit pour abriter nos vieux jours ?

Quel toit pour abriter nos vieux jours?

Quand vous serez bien âgé(e), au soir à la chandelle… que ferez-vous ?

Idéalement, les personnes âgées veulent rester chez elles le plus longtemps possible. La plupart d’entre elles pensent devoir terminer leurs vieux jours en maison de repos. Certaines pensent même que c’est la seule option qui s’offre à elles. Mais des alternatives existent même si elles ne sont pas encore suffisamment développées.

Notre pays, comme d’autres pays européens, se retrouve face à un enjeu de taille : l’accroissement de l’espérance de vie et, avec lui, la prise en charge des personnes âgées dépendantes. En Belgique, 548.000 personnes sont âgées de plus de 80 ans (1) et d’ici 2050, elles seront plus d’1.250.000 ! Des questions se posent naturellement face à ce constat. Et la plus cruciale reste vraisemblablement celle du manque de places dans les institutions qui accueillent les personnes âgées.

 

 

Rester chez soi

Quel avenir se dessine alors pour ces seniors ? Ce qui ressort des principales études sur le « bien vieillir », c’est que les aînés souhaitent en majorité rester chez eux aussi longtemps que possible. Pour ce faire, une série de services existent pour faciliter leur quotidien. Les personnes qui le souhaitent peuvent bénéficier d’aides et de soins à domicile. Ces services sont généralement proposés par certaines Régions et Provinces, par les communes via le CPAS, par des organismes privés ou des mutuelles.

Les soins à domicile sont délivrés par des professionnels infirmiers : de la toilette aux soins médicaux. Selon la Fédération des aides et soins à domicile, coordination des mutualités chrétiennes (2), ces soins peuvent être faits plusieurs fois par jour si nécessaire entre 7h30 et 20h. Ce service a bien évidemment un coût qui dépendra du type de soins promulgués, du nombre d’heures nécessaires mais également des conditions de la mutuelle du patient.

Pour les aider dans l’entretien de leur habitation, les personnes âgées peuvent avoir recours à des aides ménagères dont certaines d’entres elles ont une vocation sociale. En plus de leurs tâches habituelles, elles leur prêteront une oreille attentive. Pour les personnes qui ont besoin d’être plus soutenues dans les multiples tâches quotidiennes et qui souhaitent égale- ment tisser un lien plus étroit avec une aide à domicile, les aides familiales pourraient leur convenir. En effet, en plus de l’aide ménagère, elles accompagnent concrètement les personnes dans leurs tâches administratives et dans leur vie sociale, préparent le repas, les aident dans leurs toilettes mais ne dispensent pas de soins médicaux.

Enfin, pour les personnes qui souhaitent avoir une présence rassurante à leurs côtés, la garde à domicile peut être une solution, mais qui est généralement assez coûteuse. Véritable mamy ou papysitter, le garde à domicile est disponible toute la journée ou à des moments déterminés, aussi bien de jour comme de nuit. Elle apportera avant tout une aide relationnelle : écoute, dialogue, activités…

A côté des aides à domicile, il existe des structures qui permettent d’alléger le quotidien d’aidants proches. Selon leurs besoins, ils pourront soit faire appel à des centres de soins de jour, structure de soins de santé pour des personnes fortement dépendantes, soit à des centres d’accueil de jour, structure d’accueil qui leur donnent des aides et soins appropriés à leur perte d’autonomie. Parallèlement à ce type de structure, il existe des maisons d’accueil dites « communautaires ». Contrairement aux centres d’accueil de jour, elles ne sont pas rattachées à une maison de repos. Leur objectif est de lutter contre l’isolement social et de rompre la solitude des personnes âgées, de développer des activités intergénérationnelles et de soulager les aidants proches des aînés.

Dans certains cas, ce type de soutien n’est plus adapté à la réalité physique et/ou psychologique des personnes. La résidence-service peut constituer une bonne alternative entre le domicile et la maison de repos, bien qu’elle y soit la plupart du temps fonction- nellement reliée. Sorte d’ « appart-hôtel », ces rési- dences destinées à des personnes âgées de 60 ans au moins, leur permettent de vivre en toute indépen- dance dans un appartement équipé tout en pouvant bénéficier « à la carte » de services multiples (repas à domicile, coiffeur…) mais aussi d’une série d’infrastructures (restaurant, salle de gymnastique…) qui laissent entrevoir une retraite de rêve ! Cependant, vous l’imaginerez aisément, ce type de rêve à un prix… très élevé ! Toutefois, un nouveau genre de résidence-service a récemment vu le jour suite à la réforme du code wallon du logement : les résidences-services sociales. Celles-ci offrent le même type de services que les résidences classiques mais s’adressent à des seniors qui sont dans une situation précaire. Un projet-pilote est prévu en 2013 à Namur. Cette expérience est intéressante mais elle pose la question du financement d’un projet aussi ambitieux et du suivi de la demande dont on peut déjà dire qu’elle sera certainement supérieure à l’offre. Dans ce cas, quels critères d’attribution seront mis en place ?

 

Vivre en communauté

Toutes les possibilités décrites précédemment sont relativement connues. Mais d’autres voies existent. Les habitats groupés, comme par exemple les maisons Abbeyfield (voir encadré). Ce sont des logements où des espaces communs et des petites unités de vie privées coexistent. La moyenne d’âge des personnes qui optent pour ce type de formule est de 73 ans. Très jeune si l’on compare avec les maisons de repos où la moyenne est de 84 ans. L’habitat groupé ne serait donc pas une solution pour les personnes très âgées ? Pas nécessairement, car il semblerait que l’état de santé des personnes ne soit pas un critère strict de refus. Tout dépend du type de maladie, de la personnalité du postulant, de sa capacité d’autonomie… Par ailleurs, une solidarité naturelle s’instaure entre les résidents qui aident ceux qui sont plus faibles.

 

Les maisons Abbeyfield

Le projet de l’asbl Abbeyfield Belgium s’adresse aux 55 ans et plus. Pour pouvoir être résident, il faut adhérer à la charte de l’association mais aussi et surtout être accepté par les résidents de la maison qui ont leur mot à dire dans la sélection du candidat. Il existe quatre maisons et cinq projets en Wallonie et à Bruxelles. Tout un chacun (commune, association, particulier…) peut proposer de fonder de nouvelles maisons, c’est alors le conseil d’administration d’Abbeyfield Belgium qui devra approuver la demande.

A titre indicatif, le loyer mensuel d’un appartement situé à Etterbeek d’une superficie d’environ 45 m2 est de 850 euros. Ce qui représente une coquette somme, à laquelle s’ajoute les frais médicaux et les sorties culturelles qui permettent de maintenir du lien social !

Un habitat groupé en général peut être intéressant mais il comporte aussi son lot d’inconvénients : inéquité dans la répartition des tâches entre les résidents, équilibre difficile entre vie privée et vie commune… Sans oublier le risque de dérives potentielles (exploitation…) liées à l’absence de cadre juridique spécifique.

Autre possibilité qui s’ouvre aux seniors : les habitats kangourou ou les familles d’accueil. Soit la personne âgée accueille sous son toit une famille, soit c’est une famille qui ouvre son habitation à la personne âgée. On évite ainsi la ghettoïsation des personnes âgées que l’on peut retrouver dans les institutions traditionnelles. La plupart des médecins reconnaissent d’ailleurs à quel point les liens intergénérationnels ont un impact positif sur la qualité de vie des personnes. Dans ce type de démarche, la personne accueillie verse un loyer et toutes les conditions sont prévues dans un contrat couvrant des séjours temporaires ou définitifs. La Région wallonne a lancé un projet pilote en 2010 (3). Des professionnels (assistants sociaux, psychologues…) préparent le terrain en étudiant la compatibilité des personnes candidates, encadrent les participants et assurent un suivi.

Ce projet s’adresse aux personnes qui ont au minimum 60 ans et qui sont encore capables de prendre des décisions importantes. Un bémol de taille cependant : ce projet ambitieux manque de familles volontaires. Il existe à l’heure actuelle une trentaine de familles wallonnes qui se sont lancées dans l’aventure. De plus, d’après ENEO (4), le dispositif actuel ne permet pas d’offrir des garanties de qualité de vie aux aînés et de multiples interrogations restent sans réponse (statut juridique des personnes, gestion des relations entre les deux parties, modalités d’organisation des services d’encadrement…).

 

La richesse des sages

L’Asbl 1 toit 2 âges propose une autre conception de l’habitat intergénérationnel. L’association a voulu rencontrer un objectif double : résoudre le problème de la solitude des personnes âgées d’une part et, d’autre part, apporter une réponse aux étudiants qui ont du mal à trouver un logement décent à un prix raisonnable. Ce qui pousse les seniors à se tourner vers ce type de projet, c’est d’avoir une présence rassurante à la maison et en plus, de pouvoir bénéficier de rentrées financières, via le loyer des étudiants qui varie entre 100 et 300€ par mois, ce qui n’est pas négligeable lorsqu’on dispose d’une maigre pension et que l’on veut continuer à vivre chez soi.

La conviction de la richesse que peut apporter l’échange entre jeunes et anciens est au centre de leur projet. « Le décalage de génération est un apport extraordinaire ! Le jeune peut bénéficier de cette expérience, ce recul, cette sagesse. Et pour la personne âgée, la fraicheur de la jeunesse, l’ouvre sur le monde, la stimule » explique Anne-Catherine de Failly, responsable d’1 toit 2 âges Namur.

« Actuellement, plus d’une centaine de binômes sont formés. La proportion de personnes âgées de 80 ans et + est de 33 % contre une proportion de 45 % pour les 50 ans et +. 1 toit 2 âges s’adresse aux per- sonnes âgées de 50 ans et plus ne nécessitant pas de soins trop lourds », précise-t-elle.

Ce concept d’habitat intergénérationnel senior-étudiant est intéressant mais il implique que le senior accepte de calquer sa vie sur celle de l’étudiant avec tous les risques d’instabilité que cela peut impliquer (départ prématuré pour cause d’arrêt d’études, sorties, amis, horaires instables…)

 

New generation

Finalement l’essentiel est de tenir compte de la volonté des aînés et de leur offrir une vraie possibilité de choisir ce qui leur paraît être la voie la plus agréable, notamment en développant les alternatives aux maisons de repos. L’accessibilité financière doit dès lors être au centre de la réflexion : 1400 euros, c’est le loyer mensuel moyen d’une maison de repos alors que la pension moyenne d’un isolé est d’environ 1000 euros par mois (5) ! Et les alternatives sont dans la même gamme de prix, excluant d’emblée une grosse partie de la population. Il est évident que dans notre pays nous essuyons un sérieux retard quant aux pos- sibilités proposées aux seniors. Encore récemment, on considérait que quelqu’un avait atteint la date de péremption lorsqu’il arrivait à la retraite, persuadé qu’il n’avait plus grand-chose à apporter à la société. Les derniers chiffres sur le vieillissement impliquent que l’on remette en question cette manière de voir nos aînés. La coexistence de quatre générations brouille cette image : la population de plus en plus âgée… est aussi de plus en plus active. Cette nouvelle donne représente une opportunité sans précédent de profiter de l’expérience des « sages ».

Il est aussi intéressant de voir ce qui se fait dans d’autres pays européens : La Suède est le pays européen ou l’espérance de vie est la plus élevée. C’est le seul pays à avoir inscrit dans la loi, le droit au maintien à domicile avec une aide appropriée, indépendamment de l’importance des besoins. Le gouvernement suédois prévoit entre autres toute une batterie d’aides aux personnes qui souhaitent s’occuper de leurs parents et amis.

Les alternatives aux maisons de repos sont encore trop peu développées dans notre pays. Pourtant, elles nous permettent de réinventer de nouveaux modes d’existence. Il faut encourager leur développement tout en renforçant ou en créant des outils juridiques qui permettront aux seniors d’avoir des garanties spécifiques par rapport au type d’habitat et de se prémunir d’éventuels abus. Par ailleurs, pour que des projets intergénérationnels fonctionnent, il faut qu’ils soient encadrés, suivis par un organisme chargé d’assurer le respect des règles. Enfin, il est primordial d’en faire la promotion.

Poser un regard neuf sur la vie des aînés ne signifie pas que l’on doive mettre de côté le secteur des mai- sons de repos. Il faut investir dans ce domaine afin qu’elles offrent une qualité de vie décente et des soins à un prix accessible, parallèlement au développement des alternatives. Parce qu’après tout, nous serons tous un jour ou l’autre concernés !

 

Un article de Claudia Benedetto, paru dans la revue Contrastes de Équipes Populaires, « Les maisons de repos face aux défis du vieillissement« , numéro 154 de janvier-février 2013

(1) Maison de repos, une affaire en or ? Question à la une, RTBF, décembre 2012.

(2) Les aides à domicile sont organisées par de multiples acteurs. Pour obtenir des informations, il est souhaitable de contacter un centre de coordination. Il existe deux grands types d’organisa- tion au niveau des centres de coordination : Les 33 centres affi- liés à la fédération ACCOORD (Association des Centres de Coordination de Soins et Services à Domicile) qui sont plural- istes et indépendants. Les coordinations mutualistes dont la Fédération des aides et soins à domicile pour les mutualités chrétiennes et la Fédération des Centres de services et soins à domicile pour les mutualités socialistes.

(3) Sans chichis, RTBF, 17 mai 2012.

(4) Mouvement social des aînés.

(5) Quel avenir pour les maisons de repos en Wallonie ? Syndicats n°20, 30 novembre 2012.

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